CAN 2025-2026 – Avis d’expert : Youssouf MULUMBU

Par IARS

Dans le cadre des réflexions de l’Institut Africain de la Réflexion Stratégique sur la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) dont l’éditions 2025-2025 se déroule au Maroc, Youssouf MULUMBU répond à nos questions sur la décision d’organiser la CAN tous les 4 ans à partir de 2028.

Illustration : ChatGPT

Youssouf MULUMBU, né le 25 janvier 1987 à Kinshasa, dans la commune de Bumbu, est un footballeur international congolais qui a construit sa carrière principalement en France et au Royaume-Uni.

Sa formation débute en France, où il intègre le prestigieux centre du Paris Saint-Germain (PSG) à l’âge de 13 ans. Après avoir remporté le championnat de France des moins de 18 ans en 2006, il fait ses premiers pas en Ligue 1 avec le club de la capitale le 22 octobre 2006. Une expérience en prêt à l’Amiens SC en Ligue 2, lors de la saison 2007-2008, lui permet d’acquérir du temps de jeu avant de faire le grand saut outre-Manche.

C’est en Angleterre qu’il connaît la période la plus marquante de sa carrière, notamment avec West Bromwich Albion FC, où il évolue de 2009 à 2015. Il passe ensuite par Norwich City FC avant de découvrir l’Écosse, alternant entre le Kilmarnock FC et le géant du pays, le Celtic Glasgow FC, entre 2017 et 2019. Après un retour aux sources au FC Saint-Éloi Lupopo en RD Congo, il termine son parcours professionnel en France avec l’US Orléans LF jusqu’en juillet 2024.

Sur la scène internationale, après avoir porté le maillot des sélections de jeunes et espoirs de la France, il choisit de représenter son pays d’origine. Il devient un joueur emblématique des Léopards (dont il sera capitaine) de la République démocratique du Congo (RDC), dès mars 2008.

Patrice MOTSEPE, le Président de la Confédération Africaine de Football (CAF), lors d’une conférence de presse le 20 décembre 2025, a annoncé que la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) se déroulera tous les quatre ans à partir de 2028. Quelles sont les implications de cette décision sur le football africain ?

IARS : Vous qui avez participé à plusieurs éditions de la CAN, qu’avez-vous pensé, de façon générale, de cette décision d’organiser la CAN tous les 4 ans à partir de 2028 ?

Youssouf MULUMBU : La Coupe d’Afrique des Nations a historiquement été organisée tous les deux ans, un format qui a largement contribué à son développement, à sa visibilité et à son identité. Cette décision d’évoluer vers un cycle de quatre ans constitue donc un changement important. Elle mérite d’être analysée avec attention, en veillant à préserver l’essence mais aussi les intérêts de la CAN tout en tenant compte des nouvelles réalités du football international ( coupe du monde des clubs ).

IARS : Cette décision a-t-elle pour objectif d’aligner la CAN sur le même cycle que d’autres compétitions internationales ?

Youssouf MULUMBU : Il ne s’agit pas, à proprement parler, d’un alignement volontaire sur d’autres compétitions. Cette évolution s’inscrit davantage dans un contexte global de réorganisation du calendrier international, notamment avec l’introduction de nouvelles compétitions mondiales, qui impose des ajustements à l’ensemble des confédérations, où la can se retrouve en dommage collatéral. 

IARS : La CAN représente une opportunité pour beaucoup de jeunes joueurs africains évoluant dans des clubs africains. Est-ce que cette décision pourrait diminuer les opportunités pour les clubs africains et leurs joueurs ?

Youssouf MULUMBU : La CAN a toujours été une plateforme majeure de valorisation des talents africains, en particulier pour les joueurs évoluant sur le continent. Il est légitime de s’interroger sur l’impact de cette nouvelle périodicité et de rester attentif à ce que les mécanismes de développement et de visibilité des joueurs et des clubs africains soient pleinement préservés.

IARS : Peut-on penser que les clubs européens pourraient bénéficier de cette décision en continuant à disposer plus régulièrement de leurs joueurs africains pendant leurs saisons en Europe ?

Youssouf MULUMBU : Cette évolution du calendrier peut effectivement apporter davantage de stabilité aux clubs européens dans la gestion de leurs effectifs. Toutefois, l’enjeu principal pour la CAF demeure l’équilibre entre les intérêts des différentes parties prenantes et la protection des compétitions africaines, afin qu’elles continuent à jouer pleinement leur rôle dans le développement du football sur le continent.

IARS : Pour vous, à titre personnel, que représente la CAN dans le monde du football ?

Youssouf MULUMBU : La CAN, c’est bien plus qu’une compétition. C’est une vitrine du football africain, une fierté continentale et un moment d’unité unique. Elle permet à des nations parfois peu médiatisées d’exister sur la scène mondiale et à des joueurs, surtout locaux, de changer de dimension. Pour moi, la CAN incarne l’âme du football africain : la passion, l’émotion, l’imprévisibilité et l’identité. La toucher à son rythme ou à son format, c’est toucher à quelque chose de profondément symbolique pour l’Afrique.

La décision de la Confédération Africaine de Football (CAF) de tenir la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) tous les quatre ans à partir de 2028 marque un tournant significatif pour le football africain. Youssouf Mulumbu souligne que, bien que le format historique biennal ait été fondamental pour le développement, l’identité et la visibilité de la compétition, cette évolution s’inscrit aujourd’hui dans le contexte inéluctable de la réorganisation du calendrier international, notamment avec l’émergence de nouvelles compétitions mondiales où la CAN se retrouve en « dommage collatéral ».

Bien que ce changement pourrait potentiellement offrir aux clubs européens une plus grande stabilité dans la gestion de leurs joueurs africains, l’enjeu majeur pour la CAF demeure d’assurer que cette nouvelle périodicité ne diminue pas les opportunités pour les joueurs et clubs africains. La CAN est, en effet, bien plus qu’une simple compétition ; elle est une vitrine, une fierté continentale, et un moment d’unité essentiel qui permet à des nations peu médiatisées d’exister et à des joueurs locaux de changer de dimension. Pour Youssouf Mulumbu, elle incarne l’âme du football africain, la passion, l’émotion et l’identité, et toucher à son format, c’est toucher à quelque chose de profondément symbolique pour l’Afrique. L’équilibre entre les intérêts des parties prenantes et la protection du rôle crucial de la CAN dans le développement du continent reste donc la préoccupation centrale.

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